Bien et toi ?
Comment vivre avec la fatigue en permanence quand on est une jeune quadra ?
On ment… On ment à tout le monde et, ce qui est encore pire, on se ment à soi. Juste pour paraitre, pour ne rien changer à l’image que l’on veut renvoyer.
Pendant tous ces mois, je me suis menti…
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Comment vas-tu ?
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Très bien et toi ???
Cette réponse était devenue un véritable tic de langage qui ne laissait aucun doute sur mon état.
Après tout, avec quelques crèmes miracle qui dissimulent comme par magie les cernes et autres traces de fatigue, associée à une trousse de maquillage devenue ma meilleure amie, je pouvais donner le change sans problème. Le tout était de prévoir une petite trousse de secours pour effectuer les retouches nécessaires au fil de la journée.
On n’y voyait que du feu ! Combien de fois ais-je entendu « tu as bonne mine aujourd’hui » !!!
Et la douleur, on en fait quoi ? Pareil, ou presque, on ment…
C’est trop douloureux de marcher ? Qu’à cela ne tienne, on trouve des excuses pour ne pas faire un trajet trop long, on prend la voiture, on économise ses gestes, ses pas. Et quand c’est trop dur, on se cache et on avale des médocs qui allègent un peu cette souffrance sans jamais la vaincre.
Ce dernier été « normal » a été le plus dur, tant moralement que physiquement. Je n’avais goût à rien mais tenais à faire « comme si ».
Je suis partie une semaine en pension complète avec mes filles avec la ferme idée de vaincre la douleur par l’effort.
Chaque jour, je me forçais à aller à la plage à pieds, à 1,5 km de la pension. Chaque pas me lançait dans le pied et dans la hanche, je mettais ça sur le compte de chaussures inadaptées à la marche… et je continuais.
Depuis plusieurs mois, j’avais très mal à l’épaule gauche et ne parvenais plus à lever le bras… sans raison apparente… mais je n’en faisais pas état !
J’en ai avalé des kilomètres cette semaine-là… Et des pages et des pages de livres, la lecture étant mon autre activité intense, allongée sur la plage, allongée sur une chaise longue, allongée sur mon lit. Une belle excuse pour rester allongée un maximum de temps… sans doute !
Bien entendu, ce repos n’a jamais porté ses fruits, et pour cause…
Je suis rentrée avec des douleurs amplifiées.
Mal partout.
Je prends un rendez-vous chez mon médecin et c’est sa remplaçante qui me reçoit.
Face à mon état général, elle décide de tout reprendre à zéro et de remettre les choses à plat.
Elle ne comprend pas… mais s’interroge… Pour la première fois elle évoque le terme de fibromyalgie.
Ayant longtemps écrit pour la rubrique santé, le terme m’était familier. J’avais rencontré des femmes souffrant de ce mal qui avaient monté une association pour être « enfin comprises », « enfin écoutées ».
Ce terme ne laissait rien présager de bon… mais avait le mérite de me donner une piste.
Enfin un médecin qui ne me voit pas comme une pathologie ponctuelle mais comme un corps qui va mal… mal depuis longtemps, mal de partout…
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J’aimerais que vous alliez voir un rhumatologue… vite…
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C’est parti, j’y vais !